L'archéologie picturale

L'archéologie picturale est enseignée dans les facultés de sciences aux futurs archéologues. Elle a pour sujets les datations de pigments, les évaluations des couches de peinture, l'évolution des techniques, les outils des peintres, etc... Mais, à ma connaissance, il n'y a pas d'enseignement approfondi sur la composition, l'organisation des formes, les règles et techniques dans l'histoire de la peinture.
Je me suis alors documenté sur les méthodes d'investigation de l'archéologie

pour ensuite appréhender la composition picturale de façon la plus scientifique possible.

Mais qu'est-ce que la science ? Pour faire simple, on peut la résumer à trois mots :

1 : Expérience  -  2 : Vérification  -   3 : Visibilité et reproduction

J'ai donc suivi ces principes de base :

   - relevé et expérimenté des tracés visibles sur les œuvres. Vous pouvez faire de même sur les œuvres de votre choix (de l'époque grecque ancienne jusqu'à l'Impressionnisme).

   - vérifié et reporté mes tracés sur bases de données pour comparaison, analogie, déduction et induction.

   - ces tracés et données sont tous visibles directement sur les œuvres, il n'y a pas à les imaginer,

    tout le monde peut voir et reproduire ces données.

Relevé d'angles à l'équerre électronique - photo Pascal Meyer - 2013

Cela peut paraître fastidieux de relever des lignes droites et des angles, mais sans cette rigueur scientifique il est impossible de déduire et de formuler des règles de composition picturale vérifiables et reproductibles par tout le monde, lorsqu'elles existent.

C'est grâce à ces observations concrètes des tableaux reportées sur bases de données que je peux élaborer une démarche hypothético-déductive : une induction permet de formuler une hypothèse. Celle-ci sera à confirmer par d'autres observations de teneurs différentes pour observer s'il y a une congruence entre elles. Le croisement des hypothèses sur un grand nombre d'œuvres semble un moyen sûr de ne pas tomber dans l'illusion de tracés qui n'existent pas.

Les "fouilles" que je propose ici consistent à trouver

  • des éléments directement visibles dans les œuvres (donc pas d'imagination, de projections, d'interprétations) 

  • des éléments indiscutables 

  • des éléments intemporels. 

 

A titre d'exemple, une ligne droite ou un angle correspondent à ces trois critères.

Désolé pour les personnes qui pensaient découvrir une forme romantique de composition artistique, car ce sont bien des lignes, des angles et des mesures que j'ai relevé concrètement dans les tableaux des peintres.

Il n'est pas question de tomber amoureux d'une ligne droite, mais de relever ce qu'il se voit réellement dans une œuvre et ce que cela raconte vraiment. Il s'agit bien de mettre en évidence un art de la composition, car on parle ici de lignes narratives, d'angles de regard des personnages, ou encore de mesures dorées. Il est plus question d'une poésie de la composition que d'une géométrie qui enfermerait le regard dans des concepts.

Mais ici, la démarche scientifique consiste à relever le plus possible de lignes ou d'angles visibles sur les fresques, les tableaux, les dessins, pour ensuite les reporter sur des bases de données.

cliquez sur sur le tableau de base de données pour l'agrandir.

Bases de données desquelles il ressortira, entre autres, des pourcentages de leurs apparitions dans les œuvres.

 

Par ailleurs : en prolongeant les lignes droites visibles telles que les épées, sceptres, cannes, mats, on constatera que ces lignes au delà de leur partie visible pointent avec précision une partie du corps signifiante d'un personnage. La partie la plus souvent pointée est la prunelle de l'œil, en deuxième vient le pouce, en troisième un index, etc. Cette observation du prolongement des lignes visibles m'a permis de formuler la première règle la plus importante dans la composition picturale : 

Dans une peinture avec des personnages, la composition

se créé en plaçant des points du corps

(œil, pouce, index, talon, genou, sein, nombril, etc) 

précisément sur des lignes de construction.

(comme les grilles harmoniques, lignes narratives, lignes parallèles, etc)
 

Pour les angles, la fréquence de leur apparition montre que les plus utilisés par les peintres sont les suivant :

9° - 18° - 30° - 36° - 45°.


Ces angles sont rigoureusement précis, ils ne sont pas de 30,2° mais bien de 30°, ni de 35,9° mais bien de 36° !

Sur ce tableau de Hey, avec les clés de St Pierre, il sera relevé

3 lignes pointant 2 yeux et un pouce,

et deux angles à 9° et 45 °

Avec ce Rubens, deux angles sont relevés avec les instruments  : 30° et 36 °

Cette observation objective des angles m'a permis de découvrir le fonctionnement des lignes de regards des personnages, leurs intérêts, leurs motivations, leurs interactions. 

Donc ces relevés de données objectives comparées vont permettre de passer de la phase d'induction à celle de l'hypothèse.

J'ai ainsi relevé trois hypothèses de composition picturale.

Il y a principalement des LIGNES - des ANGLES - et des MESURES
 

  • L'hypothèse des lignes se formule ainsi : un ligne droite pointe, ou croise 12 points spécifiques du corps humain. Le premier en nombre étant l'œil ! ... nous sommes dans un art visuel !

  • Hypothèse des angles dont je viens de parler.

  • Hypothèse des mesures, dont les mesures dorées avec le nombre d'or.


La suite de la démarche scientifique sera de passer de l'hypothèse isolée à la thèse globale.

Pour cela, il faut croiser ces trois hypothèses pour vérifier si elles fonctionnent ensemble.
Et c'est le cas : lignes narratives, angles préférentiels et mesures dorées forment un tout homogène et indissociable. Ce que nous verrons par la suite.

N'hésitez pas à laisser votre commentaire, vos questions en pied de page, mon plaisir est de pouvoir échanger avec vous sur la composition picturale. Merci.

Guy MAUCHAMP

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